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Illustration montrant le modèle social français en équilibre entre retraites, santé et solidarité d’un côté, dette publique et poids financier de l’autre, sur fond de carte de France.

La France consacre près d’un tiers de sa richesse à la protection sociale, prélève déjà davantage que la plupart de ses voisins et continue pourtant d’accumuler les déficits. Le problème n’est donc plus seulement de savoir où trouver de l’argent. Il est de comprendre comment continuer à financer retraites, santé, dépendance et solidarité dans un pays qui vieillit, travaille relativement peu aux âges élevés et ne peut éternellement transformer chaque difficulté budgétaire en nouvel impôt.

Le modèle social français ressemble parfois à une vieille maison familiale. Tout le monde veut la conserver, personne ne souhaite vraiment vendre une chambre, mais la toiture fuit, la chaudière date de Pompidou et la banque commence à regarder les comptes avec moins de tendresse.

Le Bulletin Quotidien du 31 août fournit un assez bon aperçu du problème.

Pour préparer le budget 2027, Sébastien Lecornu refuse officiellement aussi bien la cure « de sang et de larmes » que le laisser-faire budgétaire. Il envisage cependant de mettre davantage à contribution les retraités les plus aisés, de réformer les arrêts de travail, de modifier l'indemnisation des accidents du travail et maladies professionnelles et de réexaminer le remboursement de certains médicaments à faible bénéfice thérapeutique. Les petites retraites, le RSA et le minimum vieillesse devraient en revanche être préservés.

Pris séparément, chaque dispositif ressemble à une petite économie technique.

Mis bout à bout, ils posent une question beaucoup plus embarrassante :

le modèle social français peut-il encore être financé selon les mêmes principes qu'au cours des cinquante dernières années ?

La réponse est probablement non.

Mais cela ne signifie pas qu'il faille le démolir.

Un modèle social gigantesque… parce qu'il fait énormément de choses

Commençons par éviter un malentendu classique.

Lorsque l'on dit que la France « dépense trop dans le social », on mélange joyeusement retraites, remboursements de soins, allocations familiales, chômage, handicap, aides au logement, dépendance et lutte contre la pauvreté. Cela permet des slogans remarquablement efficaces et des analyses économiques légèrement moins brillantes.

En 2024, selon la DREES, les prestations de protection sociale françaises ont atteint 932,5 milliards d'euros, soit 31,9 % du PIB, contre 27,3 % en moyenne dans l'Union européenne. Retraites et santé représentent à elles seules environ 80 % de ces prestations.

Voilà le premier éléphant dans la pièce.

Le problème central de la protection sociale française n'est donc pas principalement le RSA ou quelques allocations frauduleusement perçues, sujets politiquement délicieux parce qu'ils permettent de s'indigner à peu de frais.

Ce sont les retraites et la santé.

Et ces deux dépenses ont une particularité assez fâcheuse : elles augmentent naturellement lorsque la population vieillit.

On pourra supprimer autant de formulaires Cerfa que l'on voudra — excellente idée au demeurant — cela ne rajeunira personne.

Dans le même temps, la machine économique ralentit

Le problème serait beaucoup moins inquiétant si l'économie française progressait rapidement.

Or les dernières données de l'Insee sont plutôt mollassonnes.

Après révision, le PIB français a reculé de 0,2 % au premier trimestre 2026, puis stagné au deuxième. L'acquis de croissance pour l'ensemble de 2026 n'est que de 0,3 %. Plus préoccupant encore pour les ménages, leur pouvoir d'achat par unité de consommation a reculé de 0,6 % au deuxième trimestre.

Autrement dit, les besoins sociaux augmentent dans une économie qui crée difficilement davantage de richesse.

C'est là que l'équation commence à grincer.

Car un système redistributif ne produit pas lui-même les ressources qu'il redistribue. Il prélève une partie de la richesse créée par les actifs et les entreprises afin de financer des services et des transferts dont bénéficie l'ensemble de la population.

Quand le gâteau grossit, tout va relativement bien.

Quand le gâteau stagne mais que les parts promises deviennent plus grandes, les discussions familiales deviennent généralement animées.

« Faisons payer davantage » : la solution qui commence à avoir ses limites

La France possède encore une particularité : elle prélève déjà beaucoup.

Selon l'Insee, les prélèvements obligatoires représentaient 43,6 % du PIB en 2025, contre 42,7 % l'année précédente selon les données actualisées. Avec une définition harmonisée incluant certaines cotisations imputées, Eurostat situait la France à 45,3 % du PIB en 2024, contre 40,4 % pour l'ensemble de l'Union européenne.

Cela ne signifie pas qu'aucun impôt ne puisse être augmenté.

On peut parfaitement décider de taxer davantage certains patrimoines, héritages, revenus ou activités polluantes. C'est un choix politique légitime.

Mais prétendre résoudre durablement le problème en ajoutant simplement quelques milliards d'impôts chaque année revient à réparer une baignoire qui déborde en remontant constamment la hauteur des rebords.

À un moment, il faudrait peut-être regarder le robinet.

Le travail est probablement l'une des clés

Le paradoxe français apparaît encore plus clairement lorsqu'on observe la fiscalité du travail.

En 2025, pour un salarié célibataire sans enfant rémunéré au salaire moyen, le coin fiscal — impôts et cotisations payés par l'employeur et le salarié rapportés au coût total du travail — atteignait 47,2 % en France, contre 35,1 % en moyenne dans l'OCDE.

Seules la Belgique et l'Allemagne faisaient davantage.

Et nous demandons ensuite, d'un air surpris, pourquoi augmenter le salaire net sans augmenter brutalement le coût du travail relève parfois de la haute voltige.

Le système français repose donc fortement sur le travail pour financer la solidarité tout en rendant ce même travail particulièrement coûteux.

Charmante boucle.

Une réforme durable pourrait consister non pas nécessairement à réduire brutalement les ressources sociales, mais à élargir leur financement au-delà des seuls salaires : revenus du capital, consommation, émissions carbone ou assiettes fiscales plus larges.

C'est d'ailleurs précisément le débat que rouvre Dominique de Villepin dans le même BQ lorsqu'il propose de transférer plus de 200 milliards d'euros de cotisations salariales et patronales vers la CSG. Sa solution peut être contestée ; la question qu'elle soulève, beaucoup moins.

Avant de demander aux Français de travailler plus longtemps, encore faudrait-il leur permettre de travailler

Autre anomalie française : les seniors.

Selon l'OCDE, le taux d'emploi des 60-64 ans n'était encore que de 42,4 % en France en 2024, contre 55,9 % en moyenne dans l'OCDE.

La progression française depuis vingt ans est spectaculaire, mais le retard reste considérable.

Cela change complètement le débat sur les retraites.

On peut augmenter indéfiniment l'âge légal sur un tableau Excel. Si une proportion importante des salariés passe les dernières années précédant la retraite au chômage, en invalidité ou en arrêt maladie, une partie de l'économie réalisée sur les retraites réapparaît ailleurs dans les comptes sociaux.

La vraie question n'est donc pas seulement :

« Jusqu'à quel âge faut-il travailler ? »

Mais :

« Comment conserver réellement les plus de 60 ans dans l'emploi ? »

Formation continue, adaptation des postes, retraite progressive, lutte contre les discriminations liées à l'âge, temps partiel choisi : voilà des mesures moins spectaculaires qu'un âge légal inscrit en gros caractères dans un projet de loi, mais probablement plus importantes à long terme.

La santé : dépenser moins, ou dépenser mieux ?

Le même raisonnement vaut pour la santé.

Le BQ rapporte que le gouvernement envisage une « règle d'or » du remboursement des médicaments : continuer à financer les traitements apportant une amélioration thérapeutique majeure mais réexaminer ceux dont le bénéfice est devenu faible ou qui ont été dépassés par de meilleures solutions.

Sur le principe, difficile de protester contre l'idée de « remettre la science au cœur de l'arbitrage ».

Mais attention au raccourci.

Faire des économies sur la santé peut coûter très cher si elles empêchent la prévention, retardent les diagnostics ou conduisent des malades à renoncer aux soins.

La bonne dépense sociale n'est pas forcément celle que l'on supprime.

C'est parfois celle que l'on engage plus tôt.

Un diabète évité coûte moins cher qu'un diabète compliqué. Une personne âgée maintenue autonome coûte généralement moins cher qu'une dépendance lourde. Un cancer dépisté tôt coûte humainement — et souvent financièrement — moins cher qu'un cancer métastasé.

Autrement dit : la maîtrise des dépenses de santé ne consiste pas simplement à rembourser moins, mais à acheter davantage de santé pour chaque euro dépensé.

Nuance peu spectaculaire, mais assez utile lorsqu'on manipule plusieurs centaines de milliards.

Et puis il y a la dette, ce bénéficiaire social dont personne ne parle

Pendant ce temps, la France emprunte.

En 2025, le déficit public atteignait encore 152,5 milliards d'euros, soit 5,1 % du PIB. La dette publique avait atteint 115,6 % du PIB à la fin de l'année. Au premier trimestre 2026, elle était montée à 3 536 milliards d'euros, soit 117,5 % du PIB.

Emprunter n'est pas en soi absurde.

Financer par la dette une infrastructure qui servira trente ans peut parfaitement se défendre.

Emprunter durablement pour financer les dépenses courantes est autrement plus délicat, car les intérêts viennent progressivement concurrencer les autres postes budgétaires.

Une école, un hôpital, un tribunal ou une brigade de gendarmerie peuvent être jugés insuffisamment financés.

Une obligation d'État, elle, ne manifeste pas.

Elle arrive simplement à échéance.

Alors, faut-il couper les prestations ?

Pas nécessairement.

Il existe une troisième voie entre deux caricatures :

augmenter sans cesse les prélèvements, ou raboter indistinctement les prestations.

Elle serait beaucoup moins spectaculaire politiquement parce qu'elle repose sur plusieurs transformations simultanées.

D'abord, augmenter la population qui travaille et produit : davantage d'emploi chez les seniors, les jeunes et les personnes éloignées du marché du travail.

Ensuite, déplacer progressivement une partie du financement social du travail vers des assiettes plus larges, sans inventer chaque année quinze nouvelles taxes décoratives.

Puis cibler davantage certaines prestations en fonction des revenus lorsque leur caractère universel n'est pas indispensable.

Il faut aussi mesurer systématiquement l'efficacité des dépenses publiques : supprimer les dispositifs qui coûtent beaucoup et produisent peu, plutôt que pratiquer le traditionnel coup de rabot de 2 % partout, technique budgétaire aussi raffinée que la taille d'une haie au bulldozer.

Enfin, investir massivement dans ce qui réduit les dépenses futures : prévention sanitaire, autonomie, formation professionnelle, logement, petite enfance et adaptation au vieillissement.

Le vrai choix n'est pas entre solidarité et austérité

C'est peut-être là que le débat français se trompe depuis des années.

La droite explique volontiers qu'il faudrait « réduire la dépense ».

La gauche répond qu'il faudrait « trouver de nouvelles recettes ».

Les deux peuvent avoir partiellement raison tout en passant à côté du problème.

La France devra probablement faire les deux, mais surtout transformer profondément la manière dont elle finance et organise sa protection sociale.

Car l'objectif ne devrait pas être de dépenser moins pour les Français.

Il devrait être de dépenser mieux, prélever moins mal et surtout produire davantage de richesse pour financer ce que nous voulons conserver.

Le modèle social français reste une formidable assurance collective contre la maladie, la vieillesse, le chômage et la pauvreté. Les comparaisons internationales montrent d'ailleurs que cette redistribution réduit fortement les inégalités et protège les ménages contre une partie des accidents de la vie.

Le démanteler au nom de l'équilibre budgétaire serait donc une curieuse manière de réparer la maison : enlever le toit pour économiser les tuiles.

Mais refuser de le réformer sous prétexte de le défendre serait tout aussi dangereux.

Un modèle social n'est durable que lorsque ceux qui le financent peuvent continuer à le financer.

Et voilà finalement le véritable défi français : non pas choisir entre moins de solidarité et plus d'impôts, mais reconstruire un cercle vertueux dans lequel davantage d'emploi, de productivité et d'efficacité publique permettent de préserver une protection sociale élevée.

Cela paraît moins simple qu'une taxe sur les riches ou trois milliards d'économies sur les arrêts maladie.

Malheureusement, l'économie possède cette mauvaise habitude : les solutions sérieuses tiennent rarement sur une pancarte.

 

Sources principales

Les données utilisées proviennent du Bulletin Quotidien du 31 août 2026, complétées et vérifiées auprès de l'Insee, de la DREES, d'Eurostat et de l'OCDE. La DREES chiffre notamment les prestations sociales françaises à 31,9 % du PIB en 2024 ; l'Insee les prélèvements obligatoires à 43,6 % du PIB en 2025 et la dette à 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026 ; l'OCDE établit le coin fiscal sur le salarié moyen célibataire à 47,2 % en 2025 et le taux d'emploi des 60-64 ans français à 42,4 % en 2024.


Can France Preserve Its Social Model Without Endlessly Raising Taxes or Slashing Benefits?

France devotes almost a third of its national wealth to social protection, already taxes more heavily than most of its neighbours, and yet continues to run substantial deficits. The issue is therefore no longer simply where to find more money. It is how to continue financing pensions, healthcare, long-term care and solidarity in a country that is ageing, where older people remain comparatively underrepresented in employment, and where every budget problem cannot eternally be solved by inventing another tax.

France's social model sometimes resembles an old family house. Everyone wants to keep it, nobody really wants to sell off a room, but the roof is leaking, the boiler dates from the Pompidou era, and the bank manager has started looking at the accounts with rather less affection.

The Bulletin Quotidien of 31 August provides a good illustration of the problem.

As the government prepares the 2027 budget, Sébastien Lecornu officially rejects both a “blood and tears” austerity programme and fiscal complacency. Yet several measures are under consideration: asking wealthier pensioners to contribute more, reforming sick leave, changing compensation rules for workplace accidents and occupational diseases, and reassessing reimbursement for medicines offering little therapeutic benefit. Small pensions, the RSA minimum-income benefit and the minimum old-age pension would, however, remain protected.

Taken separately, each proposal looks like a relatively minor technical adjustment.

Put them together, however, and they raise a much more uncomfortable question:

Can France continue financing its social model according to the same principles it has relied upon for the past fifty years?

Probably not.

But that does not mean it needs to be dismantled.

A gigantic social model — because it does a gigantic number of things

First, let's dispose of one of the usual misunderstandings.

When people say that France “spends too much on welfare”, they cheerfully throw pensions, healthcare reimbursements, family benefits, unemployment insurance, disability support, housing assistance, long-term care and anti-poverty programmes into the same basket.

It makes for wonderfully effective political slogans. As economic analysis, it is slightly less impressive.

According to France's DREES statistical service, social protection benefits reached €932.5 billion in 2024, equivalent to 31.9% of GDP, compared with 27.3% on average across the European Union.

Pensions and healthcare alone account for roughly 80% of those benefits.

And there, sitting quietly in the room, is the elephant.

The central financial problem facing the French welfare state is therefore not primarily the RSA or a handful of fraudulently claimed benefits — subjects politicians rather enjoy because indignation comes remarkably cheaply.

It is pensions and healthcare.

And both have an inconvenient characteristic: expenditure tends naturally to increase as the population gets older.

France can abolish as many bureaucratic forms as it likes — and that would certainly be welcome — but it will not make anyone younger.

Meanwhile, the economic engine is slowing

The problem would be considerably less serious if the French economy were growing rapidly.

Unfortunately, the latest economic figures are rather anaemic.

Following revisions, French GDP contracted by 0.2% in the first quarter of 2026 and stagnated in the second. The growth carry-over for 2026 stands at only 0.3%.

Even more significantly for households, purchasing power per consumption unit fell by 0.6% in the second quarter.

In other words, social needs are increasing while the economy is struggling to generate significantly more wealth.

And this is where the equation starts making unpleasant noises.

A redistribution system does not itself produce the resources it redistributes. It takes part of the wealth created by workers and businesses and uses it to finance services and transfers benefiting the population.

When the cake gets bigger, the arrangement works relatively smoothly.

When the cake stops growing while the promised slices keep getting larger, family discussions tend to become somewhat more animated.

“Make someone pay more”: a solution reaching its limits

France has another distinctive characteristic: it already collects a great deal in taxes and social contributions.

According to INSEE, compulsory levies represented 43.6% of GDP in 2025. Using Eurostat's harmonised methodology, France stood at 45.3% of GDP in 2024, compared with 40.4% across the European Union.

That does not mean no tax can ever be increased.

A country can perfectly legitimately decide to tax certain forms of wealth, inheritance, income or environmentally damaging activities more heavily. That is a political choice.

But pretending that France can permanently solve its structural problem simply by finding a few extra billion euros in taxes every year is rather like dealing with an overflowing bathtub by continually raising its sides.

At some point, it might be worth looking at the tap.

Work is probably one of the keys

The French paradox becomes even clearer when we examine taxation on labour.

For a single worker without children earning the average salary, the tax wedge — income taxes and social contributions paid by employer and employee as a percentage of total labour costs — reached 47.2% in France in 2025, compared with an OECD average of 35.1%.

Only Belgium and Germany imposed a heavier burden.

And then France wonders why increasing take-home pay without dramatically increasing the cost of employing someone occasionally resembles economic acrobatics.

The French welfare system therefore relies heavily on employment to finance solidarity while simultaneously making employment particularly expensive.

A charming little circle.

A durable reform could therefore involve not brutally reducing social-security revenues, but gradually broadening the financing base beyond wages alone: capital income, consumption, carbon emissions or broader tax bases could all play a role.

This is precisely the debate reopened by Dominique de Villepin in the same Bulletin Quotidien, with his proposal to transfer more than €200 billion in employee and employer social contributions towards the broader CSG social tax.

His proposed solution can certainly be debated.

The question behind it is much harder to dismiss.

Before asking people to work longer, France needs to enable them to do so

Then there is another French anomaly: older workers.

According to the OECD, the employment rate among 60-to-64-year-olds was only 42.4% in France in 2024, compared with 55.9% across the OECD.

France has made spectacular progress over the past twenty years, but the gap remains substantial.

This completely changes the pension debate.

A government can raise the statutory retirement age indefinitely on an Excel spreadsheet. But if a substantial proportion of workers spend their final years before retirement unemployed, on disability benefits or on long-term sick leave, some of the savings made on pensions simply reappear elsewhere in the social accounts.

The real question is therefore not merely:

“Until what age should people work?”

It is:

“How can we actually keep people over 60 in employment?”

Continuous training, workplace adaptation, phased retirement, tackling age discrimination and voluntary part-time work may sound less dramatic than changing the statutory retirement age.

But in the long run, they may matter considerably more.

Healthcare: spending less, or spending better?

The same reasoning applies to healthcare.

The Bulletin Quotidien reports that the government is considering a “golden rule” for medicine reimbursement: maintaining strong reimbursement for treatments offering significant therapeutic improvements while reassessing drugs whose medical benefit has become limited or which have been superseded by better alternatives.

In principle, it is difficult to object to putting scientific evidence back at the centre of reimbursement decisions.

But there is an important trap.

Healthcare savings can become extremely expensive when they discourage prevention, delay diagnosis or lead patients to forgo treatment.

Good social expenditure is not necessarily expenditure that can be eliminated.

Sometimes it is expenditure made earlier.

Preventing diabetes costs less than treating severe complications. Keeping an elderly person independent will generally cost less than providing intensive long-term care. Detecting cancer early costs less in human terms — and often financially — than treating metastatic disease.

In other words, controlling healthcare expenditure should not simply mean reimbursing less. It should mean buying more health for every euro spent.

Not quite as catchy as “cut spending”, admittedly. But useful when hundreds of billions of euros are involved.

And then there is debt — the beneficiary nobody talks about

Meanwhile, France continues to borrow.

In 2025, the public deficit still amounted to €152.5 billion, or 5.1% of GDP. Public debt reached 115.6% of GDP at the end of that year.

By the first quarter of 2026, debt had risen to approximately €3.536 trillion, equivalent to 117.5% of GDP.

Borrowing is not inherently irresponsible.

Financing infrastructure through debt can make perfect sense when that infrastructure will remain useful for thirty or forty years.

Persistently borrowing to finance current expenditure is another matter.

Interest payments gradually begin competing with every other budget item.

A school, hospital, court or police unit can complain about being underfunded.

A government bond does not demonstrate in the streets.

It simply reaches maturity.

So should France cut benefits?

Not necessarily.

There is a third path between the two usual caricatures:

constantly increasing taxation, or indiscriminately cutting benefits.

It is politically less spectacular because it requires several transformations simultaneously.

First, France needs to increase the number of people working and producing wealth: higher employment among older workers, young people and those currently distant from the labour market.

Second, part of the financing of social protection could gradually be shifted away from labour towards broader tax bases — preferably without inventing fifteen decorative new taxes every year.

Third, some benefits could be more closely targeted according to income where universality is not essential.

France also needs to evaluate public expenditure systematically: abolishing programmes that cost a great deal while achieving little would make considerably more sense than the traditional technique of cutting 2% from everything.

That is budgetary management roughly equivalent to trimming a hedge with a bulldozer.

Finally, France needs to invest in areas that reduce future expenditure: preventive healthcare, healthy ageing, professional training, housing, childcare and adaptation to an ageing population.

The real choice is not between solidarity and austerity

This may be where the French debate has been going wrong for years.

The right tends to argue that France must “reduce spending”.

The left responds that it must “find new revenues”.

Both may be partly right while simultaneously missing the larger problem.

France will probably need to do some of both, but above all it must profoundly change the way its social protection system is financed and organised.

The objective should not be to spend less on French people.

It should be to spend better, tax more intelligently and, above all, generate more wealth to finance what society wants to preserve.

The French social model remains an extraordinary collective insurance system against illness, old age, unemployment and poverty. International comparisons also show that redistribution significantly reduces inequality and protects households from many of life's accidents.

Dismantling it in the name of fiscal balance would therefore be a peculiar way of repairing the family home: removing the roof to save money on tiles.

But refusing to reform it in the name of defending it would be equally dangerous.

A social model remains sustainable only for as long as those financing it remain capable of doing so.

That is ultimately France's real challenge.

Not choosing between less solidarity and higher taxes, but rebuilding a virtuous circle in which higher employment, stronger productivity and more efficient public spending make it possible to preserve a high level of social protection.

It sounds rather less straightforward than taxing the rich or finding another €3 billion in sick-leave savings.

Unfortunately, economics has this irritating habit: serious solutions rarely fit on a protest placard.