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Moi qui n'ai pas connu les hommes de Jacqueli - Une autre vie
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Imprimer Permalien mardi 10 avril 2007 à 08:51  

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Elles sont 40, enfermées dans une cave, sous la surveillance d’impassibles gardiens qui les nourrissent. La plus jeune, n’a jamais vécu ailleurs. Les autres, si aucune ne se rappelle les circonstances qui les ont menées là, lui transmettent le souvenir d’une vie où il y avait des maris, des enfants, des villes…
Mystérieusement libérées de leur geôle, elles entreprennent sur une terre déserte une longue errance à la recherche d’autres humains – ou d’une explication. Elles ne découvrent que d’autres caves analogues, peuplées de cadavres.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Note : 07/10


Quarante femmes de tous les âges sont enfermées dans une cage. Peu d'espace, l'interdiction formelle de se toucher et des gardes, toujours par trois, qui font des rondes et les surveille. Et la menace du fouet, toujours prêt à frapper celle qui oserait ne pas obéir.


Toutes ces femmes avaient un passé. Une vie "d'avant", mais se sont plus ou moins efforcés de l'oublier.


A quoi bon se remémorer des souvenirs douloureux ? A quoi bon se poser des questions inutiles ?

Elles ne savent pas depuis combien de temps elles sont enfermées là. Et encore moins pourquoi. On ne leur demande rien. Les gardes ne leur adresse jamais la parole. Ils se contentent de faire leur ronde et de leur passer la nourriture. Parfois aussi des morceaux de tissus afin qu'elles puissent se vêtir.


Aucune intimité n'est tolérée, les besoins et les toilettes se font devant toutes les autres femmes.

Pas non plus d'ouverture sur l'extérieur. Seulement la lumière qui baisse pour leur dire de se coucher.


Parmi ces femmes se trouve une jeune fille. Sans doute là par erreur. Elle est arrivée alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Ce qui fait d'elle une femme différente des autres.


En effet, n'ayant toujours connu que la captivité, elle ne comprend pas et ne connais pas ce que les femmes appellent nostalgie, vie d'avant, passé. Pour elle, la vie c'est la cage. Qu'est qu'une chaise ? Puisqu'elle n'en a jamais vu ? Qu'est ce que l'amour ? Le soleil ? Le ciel ? Autant de chose qui laisse "la petite" plus que perplexe.


Un jour que les gardes ouvraient la grille pour leur faire passer les aliments pour faire le repas, une sirène assourdissante retenti.


Les gardes s'enfuient en laissant le trousseau de clé dans la serrure.


"La petite" est la première à réagir. Elle tourne la clé, ouvre la porte et sort. Les femmes, d'abord effrayées, sortent à leur tour.


Commence alors pour leur groupe, une vie d'errance et de questionnement sans fin ? Où sont les gardes ? Comment ont-ils pu disparaître aussi vite ? Où sont-elles ?


A perte de vue, le paysage n'est qu'une vaste plaine. Chacune s'emparant de provisions, elles commencent à marcher, marcher, marcher... pendant des années. Elles ne rencontreront au cours de leur voyage, que la plaine, toujours la plaine et d'autres guérites où des groupes des femmes étaient également enfermées. Cependant, personne d'autre n'aura eu leur "chance". Les autres sont toutes mortes, enfermées dans les cages.


Une à une, les femmes du groupe meurent. Il ne reste plus que "la petite". "La petite" qui depuis le début n'est pas comme les autres, elle n'avait rien à regretter d'une vie d'avant, n'en ayant jamais eu.


Dans ce roman plein de force et d'inattendu, Jacqueline Harpman frôle la Science Fiction je trouve.


Un livre qui m'a laissé avec toutes les questions du début : pourquoi ces femmes étaient-elles enfermées ? Par qui ? Sont-elles sur Terre ?


Le caractère "hors norme" de sa narratrice est très bien décrit. La façon dont elle ressent ou plutôt ne ressent pas les choses comme les autres. Elle n'est pas entravée par un passé. En revanche, elle est avide de savoir, de connaissance. Mais ne se laisse pas guider par des émotions, n'en ayant pas la "connaissance".


Une fois de plus, l'auteur a su me surprendre. Elle n'est jamais là où je l'attends. Chaque livre est différent des autres. Que ce soit "La dormition des amants", "Orlanda"' ou "Moi qui n'ai pas connnu les hommes", Madame Harpman déborde d'imagination et touche à tous les genres sans jamais lasser le lecteur. Sans cesse elle se renouvelle et offre des histoires étonnantes.



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